QAG – Mixité sociale dans les grandes écoles

QAG – Mixité sociale dans les grandes écoles

M. le président. La parole est à M. Richard Lioger.

M. Richard Lioger. Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Vous me permettrez, chers collègues, de commencer par évoquer la mémoire de Richard Descoings, avec lequel j’ai eu la chance de siéger puisqu’il dirigeait Sciences Po au moment où j’étais président d’université. Nous abordons là pleinement le sujet de ma question, puisque Richard Descoings a été le premier à ouvrir l’institution qu’il dirigeait à l’ensemble des jeunes de banlieue. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

Le Gouvernement vient de lancer une mission sur la mixité sociale dans les établissements les plus prestigieux soumis à un concours. Cette mission fait suite aux annonces du Président de la République sur la suppression de l’École nationale d’administration – ENA – et l’ouverture de la haute fonction publique.

Madame la ministre, alors que vous venez de missionner les présidents de l’École Polytechnique, des écoles normales supérieures, de l’École des hautes études commerciales – HEC –, de l’École supérieure des sciences économiques et commerciales – ESSEC – et de l’École supérieure de commerce de Paris – ESCP Europe –, pouvez-vous nous dire comment vous comptez agir pour parvenir, dans nos grandes écoles, à une représentation plus conforme à notre société, dans sa diversité géographique et sociale ?

En effet, alors que l’enseignement supérieur compte 38 % de boursiers, ils sont seulement 19 % à l’École normale supérieure, ou encore 11 % à Polytechnique. Comptez-vous notamment fixer des objectifs chiffrés ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Mme Frédérique Vidalministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Monsieur le député, je vous remercie de votre question. Les chiffres que vous avez rappelés corroborent l’édition 2019 du rapport de l’Observatoire des inégalités, qui est paru aujourd’hui. Refuser de voir que l’ascenseur social a cessé de fonctionner et qu’il est devenu l’exception plutôt que la règle dans notre pays, c’est condamner de manière définitive notre modèle méritocratique dans son ensemble.

C’est pourquoi l’ensemble du Gouvernement a décidé de s’attaquer à cette question des inégalités. Cela a été le cas dès le premier âge, avec la mise en place du plan dédié aux 1 000 premiers jours, comme à l’école, avec le dédoublement des classes.

Il revient aujourd’hui à l’enseignement supérieur d’y prendre part. C’est pourquoi j’ai missionné certaines écoles, que vous avez mentionnées, notamment l’École Polytechnique, avec Florence Parly, pour leur demander des propositions concrètes, afin que la mixité sociale et géographique devienne une réalité dans ces établissements.

En termes de méthode, nous nous appuierons sur les dispositifs qui existent déjà dans près de 40 % des écoles adhérant à la Conférence des grandes écoles. Nous développerons le mentorat, les voies d’accès spécifiques, les voies de recrutement parallèles construites avec les universités, ainsi que les accompagnements précoces des lycéens. Tout est ouvert.

Il revient à ces établissements de nous proposer des solutions, pour que nous obtenions des résultats. Ce n’est pas un débat de principe. Je ne souhaite pas des propositions cosmétiques, ni le renoncement à l’excellence, mais seulement que le pacte républicain entre l’enseignement supérieur et les citoyens soit respecté. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

Réunions Publiques

Je vous invite à trois réunions publiques ce printemps :

  • le lundi 13 mai 2019 à 18h00, à la salle Jules Barbé de Ennery
  • le lundi 20 mai 2019 à 18h00, à la MJC de Pange
  • le lundi 03 juin 2019 à 18h30, à la salle de Théâtre à l’Espace Sports et Loisirs Charles De Gaulle de Rémilly.

L’occasion de revenir avec vous sur mes actions au sein de l’Assemblée Nationale et pour une présentation de mes différents dossiers en cours.

Ces rencontres seront également l’occasion d’échanger sur les sujets qui vous tiennent à coeur relatifs à notre circonscription de La Moselle et les mesures initiées par le gouvernement.

Nous serons là pour vous accueillir dès 18h00 et nous débuterons la discussion à 18h15.

Cliquez-ici pour vous inscrire. 

Le Grand Débat National

Le mardi 15 janvier 2019 s’ouvre le Grand Débat National. M. Lioger, Député de Moselle, souhaite encourager chaque citoyen à participer et à partager le plus largement possible cette initiative voulue par le Président de la République.

Pour participer à ce Grand Débat constitué de 35 questions sur 4 thèmes au cœur de nos interrogations (fiscalité et dépenses publiques ; organisation des services publics ; transition écologique ; démocratie et citoyenneté), plusieurs possibilités :

  • – Par internet sur le site granddebat.fr,
  • – Par courrier en l’adressant à : Mission Grand Débat – 244, boulevard Saint-Germain – 75007 Paris.

Soucieux que tout citoyen puisse participer, la liste des questions est aussi disponible à la Permanence Parlementaire, il vous suffira de déposer vos réponses dans notre boîte aux lettres et nous nous chargerons de les transmettre.

Le Cahier de Doléances

Les questions formulées n’épuiseront surement pas le débat, aussi est-il mis en place un Cahier de Doléances à la Permanence Parlementaire, pour que chaque citoyen puisse exposer ses idées et faire avancer notre démocratie.

Toutes les remarques seront envoyées à l’Élysée.

Vous pouvez également contribuer directement ici.

 

Question au gouvernement : Politique du Logement

séance du mercredi 20 juin 2018

M. Richard Lioger. Monsieur le secrétaire d’État auprès du ministre de la cohésion des territoires, la semaine dernière était votée en première lecture sur ces bancs le projet de loi relatif à l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique – ELAN.

Ce projet de loi est l’aboutissement de plusieurs mois de concertation avec les professionnels du logement et les élus locaux, ainsi que d’une conférence de consensus au Sénat, qui a permis de confronter de nombreux avis. Chacun d’entre nous, quelles que soient nos sensibilités, a pu y voir un exemple de la richesse du travail parlementaire, lorsqu’il se déroule en bonne intelligence avec le Gouvernement et qu’il se nourrit du ressenti de l’ensemble de nos compatriotes.

Je pense notamment aux accords que nous avons trouvés sur la loi littoral et sur la sanctuarisation de la loi SRU, ou à notre proposition de condamner sévèrement les marchands de sommeil, qui profitent de la précarité d’un trop grand nombre de nos concitoyens.

Nous allons ainsi passer de la trop souvent inefficace aide à la personne à l’aide à la pierre, avec le souhait de multiplier par cinq la vente de logements sociaux. Les grandes opérations d’urbanisme et les projets de partenariat d’aménagement seront aussi un élément clé pour permettre aux maires et aux présidents d’intercommunalité de définir avec l’État l’aménagement de leur zone, à condition que l’État confirme sa volonté de libérer le foncier pour booster la construction, surtout dans les zones tendues – nous y serons très attentifs.

Monsieur le secrétaire d’État, après un an d’action dans ce domaine sur tous les territoires, à l’approche de l’adoption de la loi ELAN, comment anticipez-vous la mise en œuvre opérationnelle de la loi et sa déclinaison dans les territoires ?

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État auprès du ministre de la cohésion des territoires

M. Julien Denormandiesecrétaire d’État auprès du ministre de la cohésion des territoires. Monsieur le député, la stratégie que nous suivons en matière de logement est finalement assez simple, puisqu’elle est partie, comme vous l’avez rappelé, des demandes des Français. Nous les avons largement consultés, puisque nous avons recueilli 25 000 contributions.

Cette stratégie vise d’abord à construire plus et à rénover plus, là où nous en avons besoin. Ce sont des mesures fortes que vous avez votées en première lecture à l’Assemblée nationale la semaine dernière, et je tiens à nouveau à saluer l’ensemble des groupes politiques pour le travail de qualité qu’ils ont fourni, ainsi que les députés non-inscrits.

Pour définir notre stratégie, nous nous sommes ensuite demandé ce que devait être le logement de demain. Le logement, c’est ce qui fait notre quotidien, et nous voulons pour demain un logement avec une faible émission de gaz à effet de serre. Nous avons signé hier, avec Jacques Mézard, un engagement dans ce sens, dans le cadre du programme « Habiter mieux ». Nous voulons aussi un logement connecté au numérique, et nous avons pris des dispositions importantes dans la loi à ce sujet. Surtout, le logement de demain doit partir des besoins des Français : c’est le sens du bail mobilité, que cette assemblée a voté la semaine dernière.

J’aimerais, enfin, rappeler l’avancée dont je suis sans doute le plus fier. Pendant des années, on a laissé vivre, dans le secteur du logement, ce fléau qu’est la vacance. Des logements vides, il y en a des centaines de milliers, partout sur le territoire. Pendant des années, on a eu une France des propriétaires et une France des locataires, des propriétaires qu’on opposait aux locataires et des locataires qu’on opposait aux propriétaires. Désormais, on a une France de tous les Français, où on n’oppose pas les uns aux autres.

On essaie au contraire de les réconcilier, avec des opérations très pratiques, comme la garantie Visale que nous avons largement étendue dans la loi, ou comme l’intermédiation locative, que vous avez votée en loi de finances. Bref, on libère la construction, on protège les plus fragiles et on unit les Français les uns aux autres, pour lutter contre ce fléau qu’est la vacance. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

QAG – Conclusions de la conférence de consensus sur le logement

séance du mercredi 14 février 2018

M. Richard Lioger. Monsieur le ministre de la cohésion des territoires, jeudi dernier s’est clôturée la conférence de consensus sur le logement, après cinq séances thématiques au cours desquelles les principaux acteurs ont pu émettre leurs propositions sur la future loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique – ELAN. Consultation numérique l’été dernier et publication de l’avant-projet de loi constituent une méthode de concertation inédite. Cette co-construction est la marque de fabrique de notre majorité.

Présent à chacune des sessions de cette conférence, avec plusieurs de mes collègues que j’associe à cette question, j’ai pu constater que la stratégie logement présentée en septembre dernier par Julien Denormandie et vous-même, fait l’objet d’un consensus assez général, et nous nous en réjouissons.

Le temps consacré à l’élaboration du projet de loi ELAN et les nombreuses contributions des acteurs du secteur devraient permettre d’intégrer au texte tel qu’il sera présenté à l’Assemblée nationale très bientôt un titre spécifique dédié à la modernisation du régime des organismes HLM. Réorganisation du tissu des organismes de logement locatif social, développement de l’accession sociale à la propriété et évolution de la politique des loyers en sont les principaux axes. Ils représentent des enjeux majeurs pour le quotidien de l’ensemble de nos concitoyens.

Pouvez-vous, monsieur le ministre, nous faire part des grandes orientations arrêtées par le Gouvernement en la matière ?

M. le président. La parole est à M. le ministre de la cohésion des territoires.

M. Jacques Mézardministre de la cohésion des territoires. Monsieur le député, je tiens tout d’abord à souligner que cette conférence de consensus, organisée sur une initiative du président du Sénat acceptée par le Président de la République et le Premier ministre, a été un succès. Elle a servi de cadre à la discussion de l’avant-projet de loi que nous avions préparé, et donné lieu à un très vaste débat, organisé, vous l’avez rappelé, en cinq séances thématiques regroupant chacune plus de 150 participants, des professionnels, des usagers. Elle fut aussi l’occasion d’une collaboration entre le Sénat et l’Assemblée nationale, qu’il faut souligner.

Je remercie les députés de toute sensibilité qui ont participé à cette conférence de consensus. Celle-ci a effectivement permis de dégager des axes assez consensuels, et parmi ceux-ci la restructuration des acteurs du monde HLM. Le projet de loi qui sera bientôt présenté facilitera cette restructuration sur un délai de trois ans, en mettant des outils juridiques à disposition des acteurs du monde HLM. Il s’agit non pas d’imposer, mais de faciliter.

Je tiens aussi à souligner que nous veillerons à respecter la proximité. Il n’y aura pas de seuils qui conduiraient à supprimer des structures dans les départements. Nous avons besoin de regrouper, de mutualiser, de faciliter la réalisation d’économies, mais nous devons conserver de la proximité, et c’est ce que nous ferons. Je remercie encore tous ceux qui ont participé, car c’est un bel exemple de coopération entre le Parlement, le Gouvernement, et l’ensemble des acteurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe REM.)

Question au Gouvernement n° 275 de M. Richard Lioger

Rubrique :ordre public Titre :protection de la jeunesse contre la radicalisation

Le débat

PROTECTION DE LA JEUNESSE CONTRE LA RADICALISATION

M. le président. La parole est à M. Richard Lioger, pour le groupe La République en marche.

M. Richard Lioger. Monsieur le Premier ministre, il y a deux ans se déroulaient les tragiques attentats terroristes qui ont frappé Paris et Saint-Denis. Plus de 130 de nos compatriotes ont été froidement assassinés lors de ces actes de terreur planifiés et coordonnés pour semer la mort dans des lieux de vie ô combien symboliques : le Stade de France, le Bataclan, des cafés et des restaurants parisiens. Chacun a en tête les propos de votre prédécesseur à l’époque, Manuel Valls, et de l’ancien Président de la République expliquant que notre pays était en guerre, contre le terrorisme islamiste bien sûr et contre la folie génocidaire de Daech dont l’ambition est de tuer nos démocraties et de mettre à bas nos libertés.

Deux ans après ce choc, comment faire, monsieur le Premier ministre, alors que continue à se répandre sur les réseaux sociaux le poison de la propagande du fondamentalisme islamique relativisant, expliquant ou justifiant quelquefois les attentats terroristes, et que Daech sait, plus que jamais, utiliser les codes de la communication de masse ? Comment faire pour que notre jeunesse soit mieux armée idéologiquement afin de ne pas tomber dans le piège de la radicalisation ? (Applaudissements sur les bancs du groupe REM.)

M. le président. La parole est à M. le Premier ministre.

M. Edouard Philippe, Premier ministre. Monsieur le député, vous me permettrez d’abord de m’associer personnellement à l’hommage qui a été rendu à la mémoire des victimes des attentats du 13 novembre 2015, hier, par l’ensemble de la nation. La blessure, notre blessure, est profonde. Elle est profonde évidemment pour les victimes, pour leurs proches ; elle est profonde pour la nation dans son entier.

En deux ans, notre pays a considérablement renforcé ses moyens de lutte contre le terrorisme, qu’il s’agisse des moyens opérationnels, des moyens humains, des moyens matériels ou des moyens juridiques – l’arsenal a été complété encore récemment par votre assemblée au terme du débat sur le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme.

S’attaquer à notre pays est évidemment un crime impardonnable, et répondre à ces attaques passe par une dimension sécuritaire. Mais, comme le souligne votre question, la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire. Il faut donc accompagner cette lutte sécuritaire d’un autre volet. Celui-ci doit être fondé sur des idées claires.

La première idée claire, c’est qu’il faut appeler les choses par leur nom : nous sommes confrontés à des individus qui portent et revendiquent une conception dévoyée de la religion véhiculant des discours haineux qui nourrissent le terrorisme.

Il s’agit aussi de s’appuyer sur ce qui fonctionne et de tirer les leçons de ce qui n’a pas fonctionné. Ce qui fonctionne, c’est le dispositif de détection précoce au niveau des départements, qui a permis d’identifier certains cas de préradicalisation ou de radicalisation. Mais il faut également reconnaître ce qui pour le moment n’a pas fonctionné. Vous connaissez comme moi, monsieur le député, l’expérimentation d’un centre pour personnes radicalisées qui fonctionnait sur la base du volontariat : nous avons décidé de le fermer en juillet dernier, car il ne donnait pas les résultats escomptés et il fallait en tirer les conséquences.

Il faut aussi lutter pied à pied contre la diffusion des discours de haine, un sujet sur lequel le Gouvernement n’entend, là non plus, rien lâcher, qu’il s’agisse de ceux tenus derrière l’anonymat que j’évoque régulièrement devant les bancs de votre assemblée ou des discours insupportables de haine ou de menace parfois proférés sur les réseaux sociaux. Nous avons engagé des discussions avec nos partenaires européens et avec les grands opérateurs de réseaux ou les hébergeurs au sens de la loi pour que, dans des délais rapides, ceux-ci effacent des comptes l’ensemble des propos signalés à leur attention.

Vous me demandez, monsieur le député, ce que nous pouvons faire. Je voudrais vous répondre, pour conclure, en vous disant que je crois profondément au rôle de l’école. (Applaudissements sur les bancs du groupe REM ainsi que sur plusieurs bancs des groupes MODEM et LC.) Notre école doit rappeler systématiquement ce que nous avons en commun. Elle ne doit jamais transiger ni sur les programmes ni sur les enseignements. Elle doit expliquer ce qu’est la conception française et républicaine de la laïcité : le respect de croire, le respect de ne pas croire, et la distinction essentielle entre les affaires privées et les affaires publiques. (Applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM.)

M. Philippe Vigier. Très bien !

M. Edouard Philippe, Premier ministre. Je crois à l’école. Je crois à la laïcité. Et pour tout dire et l’exprimer avec confiance, je crois aux Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe REM.) Je crois aux Français, disais-je, car, confrontés à ces événements terribles, ils ont montré une capacité à se rassembler et à faire face dignement qui est proprement admirable. Je le dis d’autant plus volontiers qu’il n’y avait aucune distinction de couleur, de race, d’opinion politique dans ceux qui se sont dressés après ces attentats pour dire : « Nous sommes un peuple. Nous sommes une histoire. Nous sommes une culture. Nous sommes une république. » Je crois, mesdames, messieurs les députés, aux Français, et nous pouvons, tous ensemble, être fiers d’eux. (Applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LC.)

Commission élargie crédits 2018 : Recherche et enseignement supérieur

Madame la Ministre,
Madame la Présidente et Messieurs les Présidents de commission,
Mes chers collègues,

J’ai, comme certains d’entre vous le savent peut-être, un attachement personnel pour le monde de la recherche. Mon parcours professionnel à l’université de Metz, devenue en 2012 l’université de Lorraine, puis mon passage au comité national du CNRS m’ont rendu particulièrement sensible aux efforts que les communautés de chercheurs accomplissent chaque jour pour que notre pays reste en pointe dans la course à l’innovation.

En 2016, les dépenses intérieures de recherche et développement (DIRD) en France, tous secteurs confondus, se sont maintenues à un niveau élevé : 2,25 % du Produit intérieur brut (P.I.B.).

Mais, si l’on regarde l’évolution sur une plus longue période, l’effort de recherche des acteurs publics et privés ne progresse plus : la part des dépenses de R & D en France, qui s’était accrue de 0,16 point entre 2008 et 2014 pour s’établir à 2,28 % du P.I.B., reste globalement au même niveau depuis trois ans.

Notre pays doit retrouver le chemin d’une nouvelle dynamique de progrès scientifique propice à son rayonnement international et, surtout, à la compétitivité de son économie. Je tiens, dès lors, à saluer l’effort du Gouvernement pour que le budget de l’État affecté à la recherche n’ait pas eu à souffrir des impératifs de maîtrise des dépenses publiques. Les crédits de paiement de la Mission « Recherche et Enseignement supérieur » ont, ainsi, été portés à 27,67 milliards d’euros en 2018, ce qui représente une hausse de plus de 700 millions d’euros par rapport à 2017.

  1. Le programme 172, qui regroupe la plupart des dotations de l’État aux organismes de recherche, est le premier bénéficiaire de cette dynamique : ses crédits de paiement affichent pour 2018 une progression de près de 350 millions d’euros à 6,77 milliards d’euros, soit une hausse de plus de 5 %.

Votre rapporteur se félicite tout spécialement des moyens enfin réalloués à l’Agence nationale de la recherche, qui est le principal opérateur du financement sur appels à projets compétitifs en France.

L’agence avait souffert, en 2013 et en 2014, de deux baisses consécutives de 12 % de ses dotations d’État, amputant d’autant son budget d’intervention. La situation s’était progressivement rétablie depuis 2015 pour les autorisations d’engagement, mais non pour les crédits de paiement qui restent encore, en 2017, très insuffisants.

Pour pouvoir honorer ses échéances de paiement, l’opérateur en a été réduit à fortement solliciter sa trésorerie, qui est actuellement proche de zéro.

Mes chers collègues, peut-on, dans ce contexte, s’étonner que l’ANR soit aussi peu attractive auprès de la communauté scientifique ?

Il était temps de mettre un terme à cette anomalie et c’est pourquoi votre rapporteur se félicite de voir la dotation de l’Agence en crédits de paiement relevée de plus de 20 % à 773 millions d’euros.

Aux côtés des activités des organismes de recherche spécialisés, l’ANR doit s’affirmer, aujourd’hui plus que jamais, comme le guichet central du financement de l’excellence scientifique. Au-delà des seuls crédits alloués, il convient de faire en sorte que le soutien d’un projet s’accompagne de la prise en charge la plus large possible des coûts indirects supportés par les établissements hébergeurs.

Je profite de l’occasion qui m’est donnée ici pour signaler au Gouvernement la nécessité qui s’attache à autoriser l’ANR à augmenter significativement le taux dit de « préciput » qu’elle alloue aux établissements. Ce taux forfaitaire, actuellement de 11 %, s’avère bien inférieur aux standards européens, qui dépassent souvent les 20 %. Si cette situation venait à perdurer, je ne serais pas surpris que les établissements deviennent réticentes à porter auprès de l’ANR des projets de recherche qui répondraient parfaitement aux critères de l’excellence.

  1. Au-delà de la seule ANR, je souhaiterais, Madame la Ministre, évoquer rapidement la situation financière des organismes de recherche spécialisés.

La plupart d’entre eux ont vu leur dotation revalorisée entre 2017 et 2018, notamment le CNRS (+ 26,7 millions d’euros) et l’INRA (+ 5,7 millions d’euros). Ces différentes hausses aideront les organismes à couvrir les frais supplémentaires liés au glissement vieillesse technicité (GVT) et aux mesures de revalorisation des carrières dans la fonction publique.

Votre rapporteur souligne, toutefois, qu’elles seront parfois insuffisantes pour permettre l’engagement de nouvelles actions de recherche, voire, dans certains cas, le financement de projets de grande ampleur.

À cet égard, je citerai l’exemple d’INRIA, institut de pointe dans le domaine du numérique, qui, compte tenu d’une mise en réserve de ses crédits de 2,6 millions appliquée par l’État, a reçu en 2017 une dotation inférieure à ce qu’elle était en 2013. Dans ce cadre budgétaire contraint, les effectifs scientifiques d’INRIA ont diminué de près de 9 % entre 2013 et 2016. Aujourd’hui, l’organisme estime avoir des difficultés à recruter des chercheurs sur des projets à fort potentiel d’innovation, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la cyber‑sécurité.

Même l’INSERM, dont la subvention pour 2018 est supérieure de 7 millions d’euros à celle budgétée en 2017, n’est plus certain de pouvoir financer l’intégralité des grandes missions dont il a la charge, notamment la lutte contre les nouvelles menaces virales ou la recherche sur les maladies neurodégénératives.

Pour un organisme de recherche, la mise en réserve, même à des taux réduits, des crédits alloués par la loi de finances peut obérer sensiblement ses capacités d’intervention. Il serait donc souhaitable que le Gouvernement applique peu, voire pas du tout, cette procédure de « gel » aux établissements les plus en difficulté.

  1. J’achèverai mon intervention en indiquant qu’une partie de l’avis budgétaire est, cette année, consacrée aux instituts de recherche technologique (IRT) et, plus globalement, aux outils mis à disposition des acteurs publics et des entreprises pour valoriser les produits de la recherche sur le plan économique. Il est, notamment, proposé au Gouvernement d’engager une réflexion globale sur les possibilités de simplification des dispositifs existants.

QAG – Commission des affaires économiques

Question à M. Stéphane Travert, ministre, sur l’agriculture et les états généraux de l’alimentation lors de la Commission des affaires économiques le Mercredi 26 juillet 2017 :

M. Richard Lioger. La troisième circonscription de Moselle dont je suis l’élu s’étend tout à la fois sur une partie de la ville de Metz et sur des zones rurales – la combinaison de ces deux éléments est d’ailleurs d’une grande richesse pour un député. Comme de nombreux élus de circonscriptions partiellement ou entièrement rurales, je constate une crise majeure des vocations. Avez-vous prévu un dispositif propre à y remédier dans le cadre des aides que nous pourrions apporter aux jeunes agriculteurs ? Vous avez raison, Monsieur le ministre, de mettre l’accent sur la formation et la recherche, mais la crise des vocations, la difficulté à reprendre des exploitations, les faillites et les problèmes bancaires touchent plus spécifiquement les jeunes agriculteurs.

M. le ministre. Monsieur Richard Lioger, la formation et l’innovation sont essentielles car nous devons préparer les futures générations d’agriculteurs. Nous devons maintenir un appareil de formation de qualité sur l’ensemble du territoire. J’y suis très attaché. Le renouvellement des générations est aussi assuré grâce aux aides à l’installation de la PAC. Mais, pour que ces jeunes puissent s’installer, il nous faut travailler sur deux leviers : d’une part, les aides doivent être efficaces et affectées là où elles sont nécessaires ; d’autre part, les parcours d’installation sont trop complexes, au point que certains jeunes renoncent ; il faut faciliter l’installation, l’innovation et l’investissement et nous attacher à la simplification.

Il n’y a pas à proprement parler de crise des vocations, mais un secteur en butte à des difficultés auxquelles le Gouvernement entend répondre. C’est le sens de la mobilisation collective, engagée à travers les états généraux de l’alimentation : en redonnant de la valeur à l’amont, on redonne de la confiance, ce qui permettra aux plus jeunes d’embrasser une carrière agricole à laquelle on aura rendu de l’attractivité. Car s’il y a des difficultés – nous en connaissons tous sur nos territoires – il y a aussi des réussites, des agriculteurs qui gagnent leur vie, qui ont innové et investi. Ainsi, j’ai rencontré la semaine dernière en Meurthe-et-Moselle trois agricultrices, seules sur leur exploitation ovine, qui ont su trouver des marchés. Il faut se mobiliser pour montrer ce qui réussit. Les visites sur le terrain sont précisément l’occasion d’évaluer les politiques publiques et d’utiliser ces exemples de réussite pour essayer de les transposer sur d’autres territoires. Pourquoi ce qui fonctionne en Meurthe-et-Moselle ne fonctionnerait-il pas dans le Sud-Ouest ?

Source : assemblee-nationale